Thérèse d’Avila donna de nombreuses communications au Centre de la Bonne Nouvelle dans l’ex ville de GRACIA en Espagne. Ce centre fut dirigé par la grande poétesse médium Amalia Domingo Soler. Le 5 janvier 1904 celle-ci fit éditer « Te Perdono » : un esprit raconte plusieurs de ses incarnations féminines, dont Thérèse d’Avila.
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Voici quelques extraits de « Te Perdono » :
« Les fleurs du ciel ne se fanent jamais, celle de la terre, oui »
« Continuez d’étudier le spiritisme car en étudiant, les phénomènes, les communications, les pressentiments, les voyances, tout en lui contient ces merveilles, ce qui n’est rien d’autre que la vie en action. C’est ainsi que vous parviendrez à connaître la vérité inachevée de la grandeur de Dieu ! »
« Je regardais la terre et vit, dans mon couvent, que s’établissait une véritable révolution ; ma cellule s’emplit de fleurs, les cloches sonnèrent à fond sans aucune intervention humaine. L’église célébra des funérailles somptueuses, on mentit beaucoup, les mensonges se multiplièrent prodigieusement pendant que sur la terre, on m’élevait des autels. Quand à moi, je m’occupais, dans l’espace, à étudier la science la plus difficile qui soit : « le savoir pardonner ». »
« La vérité ne console pas, la Vérité enseigne à résister aux durs combats de la vie »
« Nous lutterons mais nous vaincrons »
« Aime les gens âgés parce qu’ils sont les enfants d’hier et les sans défense d’aujourd’hui. »
« La sainte que vous adorez n’a jamais existé. Celui qui a existé et existera éternellement est un esprit qui tomba dans la fange, se releva, lutta et progressa, parce que là-bas, de l’au-delà, un Esprit de Lumière lui disait ; »Viens vers moi, ton âme c’est mon âme !… Pour cela, pour tes fautes passées, je te pardonne. »
« L’amour est la harpe du sentiment : de l’amour surgissent toutes les harmonies, naissent tous les sacrifices. Cependant, la science dit : « Dieu est grand ! La science c’est l’idiome de Dieu ; la science c’est un soleil par lequel jamais ne surviendra le déclin ; la science illuminera un jour la grandeur de Dieu ». Moi, à tout moment, je veux être savante ; je veux posséder la sagesse. J’irai très loin, très loin jusqu’à la rencontrer, parce que sans elle, on ne peut vivre ».
« La meilleure religion c’est le bien ; le meilleur culte envers Dieu c’est de consoler les malheureux. La religion c’est le bien, c’est incarner le père des affligés. La perpétuité de la vie est pour tous et pour chacun un appel qui nous dit : « Lève-toi et marche parce que tu ne seras jamais seul, il y aura toujours des êtres invisibles qui t’aimeront, autant de mondes nouveaux à découvrir ». »
« Les grands d’hier sont les petits d’aujourd’hui. Ceux qui, hier, étaient plein de connaissances, aujourd’hui récoltent les miettes que leur lancent les savants !… Hier, ils savaient tout ! Aujourd’hui, ils ignorent tout ! Mais certains commencent à savoir qu’aimer c’est aussi vivre !… »
« Sois clément dans tous tes actes parce que la clémence c’est un sourire de Dieu »
« Le souvenir des offenses est aussi la semence de la haine dont il faut arracher la racine d’une maléfique semence »
« Lorsqu’on se livre à la prière, chacun à sa manière, si le souvenir nous assaille du mal que l’on a subit, arrêtons-nous de prier car notre prière ne sera jamais qu’un ensemble de paroles sans sentiments »
AMALIA DOMINGO SOLER sa vie et son oeuvre
Elle naquit le 10 novembre 1835 à Séville et se désincarna le 29 avril 1909 à Barcelone, d’une broncho-pneumonie qui l’accabla par la tuberculose.
Mais, avant de commencer sa biographie, il est judicieux que nous fassions un parcours historique, pour décrire dans quel état se trouvait l’Espagne à cette époque. Lorsque naquit Amalia en l’an précité, le pays souffrait de sa première guerre carliste. Fernand XII disparut en 1833 et durant toute l’enfance et la jeunesse d’Amalia, l’Espagne traversa une guerre intestine.
Durant la période allant de 1834 à 1868, il existait politiquement en Espagne une monarchie constitutionnelle basée sur un système censitaire (système dans lequel le droit de vote est réservé aux contribuables versant un minimal d’impôts) qui établissait une inégalité de droits politiques par sélection de la richesse et de l’intelligence.
A l’âge de 25 ans, Amalia vint s’installer à Madrid, au moment où régnait Isabelle II dans un total mécontentement populaire, tel les militaires et l’aristocratie divisés par des querelles dynastiques.
En septembre 1868 éclata une révolution dirigée par le général Prim, qui fit fuir la reine Isabelle, en instaurant pour la première fois en Espagne, un gouvernement démocratique basé sur la souveraineté nationale par le suffrage universel.
Nous verrons plus loin comment Amalia se trouva confrontée avec le spiritisme, par l’exemple de sa rencontre avec l’ Eglise Evangélique de son époque.
En 1873, la république est proclamée, Amalia demeure depuis un an à Madrid ; elle collabore avec le journal spirite « El Criterio ».
A partir de 1874, la république est abolie avec la restauration des Bourbons proclamant roi Alphonse XIII, fils d’Isabelle.
L’on peut observer que dans la vie d’Amalia eut lieu politiquement une période très difficile, puisque après une période de liberté, s’ensuivit de 1876 à 1885 une autre guerre carliste.
Comme dates d’intérêts de ce que fût le spiritisme en Espagne, nous pouvons mentionner qu’en février 1857 se produisit un autodafé à Cadix où furent brûlés toutes les brochures réquisitionnées de « Luz y verdad del Espiritismo » (Lumière et Vérité du spiritisme) éditées localement. Quatre ans plus tard, le 9 octobre 1861, furent brûlés sur la place publique de Barcelone, par ordre de l’évêque Palau, 300 livres et fascicules écrits par Allan Kardec et d’autres auteurs spirites. Le 26 octobre 1873 se présente à l’assemblée des deux chambres législatives constituantes d’Espagne, un groupe de sénateurs et députés spirites élaborant un projet de loi réclamant l’enseignement du spiritisme intégré dans un programme d’éducation publique substituant le catholicisme.
En 1877, un recensement indique qu’en Espagne existaient 112 sociétés spirites.
Du 19 au 23 octobre 1888 eu lieu le premier Congrès International Spirite où participèrent
70 sociétés spirites espagnoles, 18 sud-américaines, 124 françaises, 4 italiennes, 2 belges, 1 roumaine et 1 russe.
Du 20 au 24 octobre 1898 s’acheva le premier Congrès Spirite Espagnol et en 1934 à Barcelone, s’ouvrit un nouveau Congrès International du Spiritisme.
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La biographie qui suit, présente le livre d’Amalia : « Memorias » (Mémoires), écrit en partie durant son incarnation et en partie après sa désincarnation du plan spirituel. Amalia naquit dans un lieu très humble, à la date précitée. Huit jours après sa naissance, elle resta aveugle et durant trois mois tout ce qui fut possible pour qu’elle récupère sa vue fut tenté ; jusqu’à ce qu’un jour, un modeste pharmacien réussisse à lui récupérer la vue ; mais ses yeux restèrent cependant très fragiles. Sa mère commença à lui apprendre à lire à deux ans, jusqu’à ce qu’à l’âge de cinq ans elle sut lire correctement. A dix huit ans, Amalia commença à publier des poésies.
Durant trois mois, sa mère perdit la mémoire. Dans ces moments, la situation d’Amalia devenait très critique parce que tout le temps que dura la maladie de sa mère, il ne lui restait plus de moyens pécuniers. Situation des plus précaires, d’autant qu’Amalia ne pouvait se dédier à n’importe quel type de travail en raison de sa vision.
Elle raconta qu’elle respectait et vénérait profondément sa mère jusqu’à 25 ans lorsque cette dernière se désincarna. Pour Amalia, ce fut très dur à supporter car elle perdait l’être unique qui l’aimait sur la terre.
Après les premiers jours de la désincarnation de sa mère, quelques-unes des amies de cette dernière lui proposèrent de se faire nonne, d’autres de se marier par convenance. Amalia répondit à ces deux perspectives par la négative, car d’une part, elle ne supporterait pas de rester enfermée toute sa vie dans un couvent, et que d’autre part, elle n’était pas capable de tromper aucun homme qui voudrait la marier. Ainsi, durant six mois, quelques membres de sa famille lui donnèrent une petite pension en échange des travaux de couture de la maison. Durant cette période, Amalia pensa qu’elle allait retrouver une stabilité, mais six mois après, on lui fit savoir qu’elle entraînait des dépenses superflues, et qu’on ne pouvait plus la prendre en charge.
Dans ce contexte, elle décida d’aller à Madrid pour un futur meilleur. Elle y mena une existence meilleure en travaillant de jour comme de nuit. Cependant, en forçant trop sur sa vision, sa vue empira gravement, et le diagnostic des oculistes lui confirmèrent qu’une semaine de plus à ce travail finirait par la rendre complètement aveugle. Ses revenus étant très limités, elle mit en gage ses vêtements et alla, ne sachant plus que faire, dans les maisons où elle avait travaillé pour demander un plat de soupe pour s’alimenter. Mais les gens ne correspondent pas toujours à ce que l’on veut ou pense ; les uns lui disaient qu’elle aille s’enfermer dans un asile, les autres que pour être aussi pauvre, inutile et tellement délicate qu’elle devait s’accoutumer à être traitée par toutes les classes de gens. Dans son livre, elle dit qu’en ces circonstances, en raison de sa vue, elle ne distinguait que des silhouettes et ne trouvait d’autres solutions que de proposer des cartes à poster et de faire des commissions de tous côtés ; ouverte à n’importe quel type de travail possible en raison de son état de santé. Cette situation commençait à faire germer en elle l’idée du suicide. Le temps passa et elle fut dans l’impossibilité de pouvoir payer son loyer. Elle trouva un lieu gratuit dans un atelier de peintres. Elle n’avait plus rien à mettre en gage, et ne pouvait plus maintenir la tombe de sa mère ; les idées de suicide s’emparèrent à nouveau de ses pensées, constamment. Cependant, elle se sentit comme secouée en pensant subitement aux religions. Mentalement, elle pensa qu’il y avait de nombreuses religions, dont deux principales à Madrid : le catholique apostolique romaine et l’église réformée par Luther, la protestante. Amalia pensa à ceux qui croient en l’une d’elles et qui disent qu’ils sont tout heureux. Elle commença à écouter les sermons qui engendraient de sa part une grande admiration, mais aucunes de ces religions ne pouvaient cependant résoudre le problème de ses dettes, ni le pourquoi des anomalies incompréhensibles, comme les injustices sociales. Ne trouvant aucune solution sur ces problèmes, elle se dirigea vers des chapelles évangéliques, où elle rencontra spécialement une grande amie dénommée Engracia, qui compatit à ses malheurs et à sa cécité. Cette dernière lui conseilla de consulter un médecin nommé Hysern, homéopathe, qui avait en tant qu’ophtalmologue obtenu de nombreuses guérisons sur des cas désespérés. La visite que Amalia fit auprès de ce médecin et le diagnostic qui s’ensuivit s’avéra grave avec peu de chance de guérison. Cependant, il lui donna comme conseils de ne point regarder fixement les choses, en oubliant qu’elle avait des yeux. Après un an de cette obligation, il serait possible qu’elle puisse retrouver la vision. Le médecin compatit de son état et lui donna les médicaments nécessaires.
Dans ce misérable contexte, une amie de sa mère lui donna des tickets d’alimentation valables dans une cantine publique aux alentours de Madrid où l’on distribuait des repas. Amalia ne s’y rendit qu’une seule fois, car dit-elle, « ce fut une expérience très pénible en constatant tant de souffrances parmi tant de nécessiteux dépourvus de tout ». Amalia espérait dans l’année retrouver sa vue, réfléchissant sur ce qui lui arrivait et pourquoi dans ce monde il y avait tant de gens chanceux et d’autres si malheureux. Dans cette période de sa vie, elle fit la connaissance d’un médecin matérialiste qui lui disait qu’il existait de nouveaux fous qui croyaient par une meilleure foi du monde, que l’Esprit survit dans l’Eternité et s’incarnant autant de fois que nécessaires sur la Terre et dans d’autres mondes acquérait ainsi connaissances et perfectionnement en effaçant les fautes du passé.
Intéressée par ces personnes, Amalia demanda de recevoir le périodique qui s’intitulait « El Critério » (Le Critère). Le jour suivant, on le lui apporta et on lui lut un article qui lui fit dire : « Le Spiritisme, c’est la vérité ».
« A partir de ce moment, raconta-t-elle, je me mis à étudier le spiritisme, et un matin, je sentis une douleur dans ma tête très étrange. Puis, dans le même temps, je crus entendre des voix étranges et confuses qui me disaient : « Lumière ! Lumière ! ». Sans savoir pourquoi, des larmes sortirent de mes yeux malades. Sans m’en rendre compte, je regardais une glace et constatais que j’avais les yeux ouverts comme je les avais depuis fort longtemps. Alors j’entendis un « oui » d’une voix lointaine. Dès cet instant, je recouvrais la vue ».
Amalia, d’une haute voix demanda comme si quelqu’un pouvait lui répondre : « l’heure de recevoir ma liberté est-elle arrivée ? ». Elle entendit un « oui » d’une voix très lointaine. Elle alla en courant chez le médecin qui l’avait soignée pour lui dire qu’elle voyait à nouveau et que désormais, elle n’avait plus d’effort à faire pour protéger ses yeux.
Pour Amalia, une nouvelle vie s’offrait à elle après bien des souffrances et des carences. Elle trouva un travail et se décida à étudier le spiritisme. Dans ces circonstances, elle envoya ses poésies aux journaux « Le Critère » et « La Révélation » à Alicante. Après quoi, elle reçut une invitation à écrire pour « Le Critère » qui publia son premier article spirite dans le numéro 9 de l’an 1872, intitulé « La Foi Spirite ». Dès lors, elle prit contact avec la Fédération Spirite Espagnole où elle fit lire une de ses poésies dédiée à Allan Kardec
le 4 avril 1874. Ainsi, directeurs et éditeurs de revues et périodiques spirites lui écrivirent pour lui demander des articles. Amalia nous dit que ce qu’elle écrivit à cette époque l’effraya parce qu’elle n’avait ni dictionnaires, ni livres traitant de la grammaire.
Elle fit un voyage à Alicante pour vivre avec une amie qui avait trois fils et, un dimanche, elle reçut une visite de deux spirites catalans lesquels apportaient un message du Président du Groupe « La buena nueva » (La bonne nouvelle) de la ville de Gracia. Elle était invitée à venir à ce Centre où elle aurait plus de possibilités de travail pour mieux gagner sa vie et se dédier au spiritisme.
Le 20 juillet 1876, elle se rendit à Barcelone où elle commença à travailler, mais pour un périodique plus court trimestriel, lorsque sa vision commença à nouveau de diminuer. Les compagnons du Centre la convainquirent de se dédier entièrement au Spiritisme, ce qu’elle fit quelque peu contrariée, en restant intérieurement très peinée de ne pas pouvoir gagner sa vie. Tout en se dédiant à son travail, elle raconte qu’un jour elle assista pour la première fois à Tarrasa à une session spirite au centre que dirigeait Miguel Vives. Cet après-midi là, Amalia éprouvait une profonde tristesse. La réunion commença avec beaucoup d’oraisons suivit d’un silence et d’un recueillement très profond. Le médium commença à pleurer, c’était Miguel Vives, sans que sur son visage se reflète la moindre angoisse, ni souffrances. Le Président de séance lui demanda : « Qui es-tu ? Qui cherches-tu ici ? » Le médium répondit : « A ma propre fille ». A cet instant, Amalia sentit une secousse et une profonde émotion. C’était sa première communication familière. Elle raconta que jamais elle n’avait ressenti autant de chaleur de vie en cette occasion. Sa mère lui dit que toujours, elle était restée à ses côtés, notamment dans les moments difficiles.
Vers la fin de l’année 1877, Amalia se décida de répondre à un article parut dans le journal de Barcelone intitulé : « Le monde des Esprits » qui disait que le Spiritisme était une monstruosité. Elle contesta cette affirmation dans la « Gazette de Catalogne » en signant son premier travail, et ainsi, commença ses répliques magistrales aux séries d’articles qui paraissaient contre le Spiritisme. Amalia était au centre de ces polémiques lorsque l’éditeur Juan Torrents, l’invita à commencer à écrire pour un journal spirite s’adressant aux femmes particulièrement. Le premier numéro paru le 22 mai 1879 où elle écrivit un article intitulé : « L’idée de Dieu », qui fut dénoncé et le journal condamné à 42 semaines de suspension. Le 12 juin, un nouveau périodique « L’écho de la Vérité » fit son apparition comprenant une suite de 22 numéros, dans le même temps réapparut la « Luz de la Verdad » (La Lumière de la Vérité) le 1er décembre de la même année, qui perdura les vingt années suivantes qu’elle vécut.
Un autre aspect important de la vie d’Amalia fut quand elle commença le 9 juillet 1878 à maintenir un contact avec « l’Esprit du Père German ». Il lui dit qu’il l’aiderait dans ses écrits en tant que guide.
Après la désincarnation de Luiz, Président du Groupe, il incomba à Amalia la charge de diriger ce centre.
Elle se mit en charge de cette mission jusqu’au 19 avril 1909, jour de sa désincarnation.
Les principaux livres d’Amalia Domingo Soler sont :
D’autres écrits : Le Spiritisme – A mon frère en croyance. D. Manuel Auso
« Le spiritisme, c’est le grand consolateur que les mortels trouvent sur la Terre, sans être dans les nuages, sans le ciel, ni dans l’enfer d’une épouvantable guerre. L’homme trouve en lui, clairement et sans voile, la logique de la raison qui renferme la cause et l’effet du problème sans le péché originel ni anathème ; à la juste évidence, facilement et sensiblement se présente la vérité, sans aucun doute. Par lui, personne n’est humilié, il n’existe pas de fortune prééminente. Avec le Spiritisme seule brille la noblesse de l’âme et non l’illustre naissance, car il est l’ouvrier d’un seul et vrai progrès.
Les religions ont toutes dépeintes un Dieu à leurs grés et leurs caprices ; j’ai cherché chez toutes, pour calmer mes angoisses et mes irritations, que le Dieu que les mortels ont inventés, me délivre du doute et de ses chausses trappes. Rien n’est plus horrible que le doute … Heureux celui qui se protège dans la foi !
Moi, dans les temples au pied des autels, je voulais trouver Dieu, en entendant les messes et écoutant de monotones cantiques à encenser entre des nuées passagères. J’enviais les hommes qui, par milliers, écoutaient avec des sourires placides, les histoires d’anciennes traditions, les miracles de saints et les visions.
Je les enviais, oui ; parce que dans mon désir ardent, je ne pouvais rencontrer Dieu dans mon affliction. Le ciel fut toujours pour moi un mythe, et le purgatoire escroquerie et mercantilisme. Je cherchais dans ma douleur un quelque peu, une consolation.
Je croisais les mers, et de ce jour, heureux en contemplant le ciel profond, je rendis hommage au créateur du monde. Je rencontrais Dieu par l’immensité des mers, par ses nuits tranquilles et sereines. Je laissais de côtés les Dieux lares(1), oubliant mes douleurs et peines.
Je n’avais vu Dieu dans les autels, mais je le trouvais sur le sable de la plage, dans les montagnes enneigées et dans les roches voilées par la brume.
En connaissant Dieu par sa puissance et en comprenant sa sage omnipotence, je trouvais dans cette existence notre humanité dans un grand vide, par son manque d’unité. Entre honneur et gloire, je ne vis ni impie, ni la vertu soumise au plus complet dénuement ; et je me dis : « La création est une œuvre où il manque quelque chose, où quelque chose suffit. Pourquoi les uns jouissent de mille et mille plaisirs et les autres souffrent des tourments sans mesure.
Pourquoi, Seigneur distinguez-vous ainsi les êtres, pour les uns la mort, pour les autres la vie ? Pourquoi les favorisez-vous mieux que les misérables par des récompenses imméritées ?
Entre-temps, une âme pure et délicate ne rencontre-t-elle pas la félicité rêvée ?
Toi qui donna le parfum aux fleurs, le murmure aux éternelles vagues, et au soleil sa splendeur et à une amoureuse tourterelle son roucoulement, et aux oiseaux un plumage de couleurs, et au vers à soie son cocon ; comment fis-tu l’homme malheureux lorsque de ta même essence il a été formé ? »
Ces plaintes, je les lançais au vent lorsque j’entendis une voix pure et suave qui murmura : « Dieu a voulu que cessent tes doutes ; si tu vois l’humanité gémissante, esclave, souffrante d’une expiation pénible et grave, ne crois pas qu’elle recule dans son avancement, la perfection s’alimente dans les larmes et les sanglots.
Rappelle toi l’histoire de Jésus, il y a dix neuf siècles passés et pourtant les hommes vénèrent encore sa mémoire et ses enseignements qui se sont répandus à travers le monde par sa mort qui en fit sa gloire, en dépit de son martyr et de son humiliation ; il demeura le Grand Prophète et le régénérateur de cette planète … ! Ne pense plus que c’est dans la tombe que se trouve la mort, par la matière qui se désagrège ; rien sur la terre demeure en permanence inerte, tout circule par différentes voies de communications. Dans ma révélation, je viens t’offrir la cause qui donne l’effet à la matière, parce que Dieu est juste dans sa juste omnipotence, il n’a aucune préférence pour personne. A chacun, il donna en raison de ce qu’il a acquit. A l’esprit, il a donné son libre-arbitre, et si celui-ci est dominé par ses caprices, il vivra selon ses désirs fous.
De par le progrès éternel destiné à tous les êtres, il appartiendra à tout un chacun de suivre l’eau claire de la rivière où le terrain boueux. Le chemin vers le Tout peut durer des siècles, il ne conduit pas au Néant. Il y a mille et mille mondes où les êtres rencontrent des éléments de l’art et de la vie en côtoyant d’acerbes souffrances, harmonie universelle non comprise, car les plaisirs étant éternels se serait une sensation méconnue dès lors que dans la balance, il y a un poids égal entre la réalité du bien et l’espérance.
L’espérance, c’est la voix des âges et le Spiritisme son idiome(2), source des logiques vérités, lesquelles dans la fontaine divine, les torrents de larmes prennent et consolent vos milles pénalités. Astre de lumière qui de l’orient se présente le spiritisme, c’est la grande science qui peut décider de votre existence ».
La voix cessa, mon cœur se mit à battre, je sentis en moi germer des pensées confuses, de même que du volcan jaillit une lave ardente, une lumière pénétra mes sentiments, et je compris la justice omnipotente en voyant que la création est une œuvre qui ne manque de rien, ni n’a plus qu’il n’en faut. Humanité ! qui vit submergée dans la plus douloureuse des indifférences et qui de par ton ignorance est déicide reconnaît et admire la grande science qui déchiffre le problème de la vie, démontrant le pourquoi de cette existence, comme le passé et le présent et le futur, les trois étapes de la race humaine ! Que représentent cent mille générations avec ses dieux, ses rites et mystères dans les ruines des peuples, des nations et dans les forêts, premiers monastères et sectes des diverses religions qui existent en différents hémisphères ? Les mondes dans leurs éternels mouvements obéissent à une seule origine.
Par le spiritisme se forment les maillons d’une chaîne bénie, les uns et les autres se lient et composent le Tout de la vie.
Arrière ! les orgueilleux qui font parade de leurs richesses et d’avoir marqués la mesure du temps, car le temps n’a pas de limite présente, parce que comme Dieu, il est infini !
Amalia Domingo Soler (1878)
(Poésie traduite en prose)
Elle est née en Espagne, à Avila le 28 mars 1515. Dès l'âge de sept ans Thérèse d’Avila ressent la nostalgie de la patrie spirituelle. Elle se sauve de chez ses parents, entraînant son frère aîné Rodrigue vers le pays des Maures, car elle voulait combattre contre les Maures croyant que mourir lui ouvrirait les portes du Paradis et que de cette façon elle pourrait voir Dieu. C’est déjà là le signe d’un esprit évolué, qui garde en lui le souvenir de son amour pour la divinité, en raison d’incarnations précédentes et du niveau d’évolution spirituel acquis.
L’envie de servir Dieu se précisait lorsqu’elle jouait avec ses camarades à imiter les religieuses et à construire des ermitages.
En raison de son appartenance à une famille bourgeoise et à sa beauté physique, elle était très courtisée. Son père la fit entrer dès 1531 comme pensionnaire chez les Augustines du Monastère de la ville.
Cinq ans plus tard, en1531, elle prend l’habit religieux au monastère de l’Incarnation des Carmélites d’Avila. Elle prend le nom de Thérèse de Jésus, en l’honneur du Christ à qui elle voue un amour infini.
C’est vers l’âge de quarante ans que se révèle sa médiumnité. Les phénomènes qui se produisent dans le couvent, les lévitations, les visions qu’elle a du Christ lorsqu’elle est en état de transe l’inquiètent. L’Eglise ne reconnaît pas ces phénomènes comme des manifestations spirituelles, mais les reçoit comme des manifestations de Satan. Elle se confesse auprès du père Garcia de Tolédo, dominicain qui lui demande de décrire ces phénomènes dans un livre qui relatera aussi sa vie quotidienne,et la façon dont elle pratique l’oraison. Ce livre a été écrit en 1562 et s’intitule :« Thérèse d’Avila ,vie écrite par elle même », traduit de l’espagnol par le père Grégoire de Saint Joseph,Editions du Seuil,1949,1995.)
Dans cet ouvrage Thérèse d’Avila décrit les différents stades de la médiumnité, comment celle ci se développe et dans quelles conditions, l’aide spirituelle est apportée à celui ou celle qui avec amour pour Dieu et avec une ferme volonté s’engage sur le chemin qui mène à Dieu.
Thérèse d’Avila avait une très forte volonté. Elle a traversé l’ Espagne, parcouru cinq mille kilomètres à pieds, en sandales, par tous les temps malgré une santé fragile. Elle a ouvert de nombreux couvents et a contribué aussi à réformer le Carmel.
Elle était soutenue par la force spirituelle du Christ,qu’elle voyait devant elle en tant qu’esprit et avec qui elle conversait, lors de ses extases.
Thérèse d’Avila se désincarne le 4 octobre 1582,à l’âge de soixante sept ans. Des prodiges se produisent autour de la chambre mortuaire, sa dépouille physique garde sa fraîcheur et sa souplesse ; D’autres phénomènes se reproduisent autour de sa tombe et près de ses reliques.
Elle est béatifiée en 1614 et proclamée docteur de l’Eglise par l’Eglise catholique.
Les phénomènes médiumniques produits durant son existence terrestre et après sa désincarnation, sont naturels. Plus l’esprit évolue d’incarnations en incarnations, plus il atteint un niveau d’évolution supérieur : il peut alors transcender le corps. A ce stade,la médiumnité produit des états extatiques (extases, visions du Christ), ou des phénomènes qui surviennent au moment de la libération de l’esprit ou désincarnation et même après (parfum de rose dans sa chambre mortuaire, conservation de certaines propriétés physiologiques de la dépouille plusieurs jours après la mort du corps physique etc.. )
