Pour les choses nouvelles il faut des mots nouveaux, ainsi le veut la clarté du langage, pour éviter la con­fusion inséparable du sens multiple des mêmes termes. Les mots spirituel, spiritualiste, ont une acception bien définie ; leur en donner une nouvelle pour les appliquer à la doctrine des Esprits serait multiplier les causes déjà si nombreuses d’amphibologie. En effet, le spiritualisme est l’opposé du matérialisme ; quiconque croit avoir en soi autre chose que la matière est spiritualiste ; mais il ne s’ensuit pas qu’il croie à l’existence des Esprits ou à leurs communications avec le monde visible. Au lieu des mots spirituel, spiritualisme, nous employons pour désigner cette dernière croyance ceux de SPIRITE et de SPIRITISME, dont la forme rappelle l’origine et le sens radical, et qui par cela même ont l’avantage d’être parfaitement intelligibles, réservant au mot spiritualisme son acception propre. Nous dirons donc que la doctrine spirite ou le Spiritisme a pour principes les relations du monde matériel avec les Esprits ou êtres du monde invisible. Les adeptes du Spiritisme seront les spirites ou, si l’on veut, les spiritismes.

Comme spécialité, le Livre des Esprits (1) contient la doctrine spirite ; comme généralité, il se rattache à la doctrine spiritualiste dont il présente l’une des phases. Telle est la raison pour laquelle il porte en tête de son titre les mots : Philosophie spiritualiste.

Allan Kardec

(1) En vente à l’Union Spirite Française et Francophone au format livre

 

 

Suite à de nombreuses confusions dues à des titres sous le label d'Allan Kardec, l'Union Spirite Française et francophone précise que des groupuscules se référant à ce label, ne font pas partie de l'Union Spirite Française et Francophone. En conséquence, les opinions traduites par les écrits, les activités de ces groupuscules, n'engagent qu'eux-mêmes. Pour tous renseignements complémentaires, contactez-nous

 

 

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Caractère de la révélation spirite :

Le spiritisme codifié par Allan Kardec et commenté magistralement par Léon Denis et Gabriel Delanne a clarifié la trilogie métaphysique de Dieu, de l’esprit et de la matière.

La matière est définie par les esprits comme l’élément général de l’univers. Elle impressionne nos sens, mais elle a des états invisibles non connus, subtils qui ne produisent aucun effet sur nos sens.

1 Le fluide universel, c’est le principe premier de la matière pondérale et les composés chimiques sont des transformations que les molécules élémentaires ont subies pour donner des propriétés différentes par exemple : le goût, l’odeur, les couleurs, les actions caustiques, radioactives, nutritives.

Le fluide universel est en constante combinaison comme la matière. Il sert aux esprits pour produire une grande quantité de création. Il sert pour animer , agréger, transmettre , transformer, condenser, dissoudre, matérialiser, revitaliser, donner une forme et une structure à toutes les constitutions physiques, soit pour ce qui concerne les minéraux, les végétaux, les animaux, les corps humains. Aussi le périsprit ou double éthérique du corps humain dans son principe vital est animé par le fluide universel d’émanation divine. C’est le fluide universel qui engendre la cohésion et la force motrice des corps organiques ce qui donne le fluide magnétique qui émane de tous les corps intermédiaires entre l’esprit et la matière que l’on dénomme aussi « principe vital ».

v Le principe vital. Son action produit de la chaleur dans le corps. Ce fluide peut être transmis par la volonté dirigée par les médiums dits guérisseurs à d’autres vivants, animaux, végétaux. Il a comme effet de régénérer, en rétablissant la force de cohésion organique chez une personne malade.

1 Le périsprit compose le corps fluidique de l’esprit, c’est une forme de condensation du fluide universel auteur d’une source intelligente l’esprit. Les esprits évolués transforment leur périsprit quand ils s’approchent des humains pour les harmoniser en fréquences vibratoires avec ces derniers. De la les difficultés qu’ils éprouvent pour transmettre leurs pensées surtout lorsqu’il s’agit d’une ambiance grossière ou plus ou moins matérielle. La densité du périsprit est en raison du degré d’avancement moral de l’esprit. Le périsprit peut être compris comme le vêtement de l’esprit. C’est le périsprit qui grave la mémoire toutes les étapes de l’évolution de l’esprit depuis la formation du protoplasme. En lui s’accumulent toutes les ressources des billons de cellules à travers l’évolution animique remontant à des millénaires. L’esprit peut se manifester en se rendant visible, comme on le constate dans les apparitions spontanées ou les matérialisations complètes obtenues dans les manifestations spirites particulières. C’est un principe divin de conservation d’énergie où se sont accumulées un maximum d’informations conformes au moi de chacun, c'est-à-dire la personnalité. Il enregistre toutes les émotions, tous nos défauts, aussi le manque de contrôle émotionnel comme la haine, l’irritation, les excès de table, l’alcool, les déséquilibre sexuels, les drogues, se répercutent sur les prochaines réincarnations par des séquelles physiques ou psychiques. De nos jours on emploi démesurément le terme « énergie » pour donner une teinture pseudo scientifique, ce terme pompeux tend à occulter l’émanation divine de l’énergie absolue : Dieu, d’où émanent toutes les énergies, celles qui sont manifestées et que nos sens perçoivent, et celles encore non manifestées qui régissent l’univers.

1 Finalité de la médiumnité enseignée par la révélation spirite : la perfection. Le chemin de la perfection dont parlait Thérèse d’Avila permet la perception des vibrations et de la qualité des esprits, qui se manifestent par cette faculté. Aussi les bons esprits deviennent familiers au aux vrais mediums non vénaux, qui de bout en bout de leur existence travaillent à se perfectionne en corrigeant leur défaut. Thérèse d’Avila disait très justement : « Mon plus grand ennemi c’est mon caractère ». Chaque être quel qu’il soit de par son origine produit des vibrations, différentes en raison de l’évolution spirituelle de tout un chacun. Aussi, les soins à distance pratiqués dans plusieurs centres spirites sont efficaces en proportion de l’intensité de ces vibrations qui peuvent atteindre n’importe quel point de la planète. Les soins dispensés en groupe bien organisés pour ce genre d’activités spirites sont d’autant plus efficaces et bénéfiques que le groupe opère en harmonie et en communion homogène de pensées. Si une désharmonie quelconque venait à s’introduire, elle aurait une désastreuse incidence sur la qualité et sur les résultats escomptés. Allan Kardec codificateur de la doctrine spirite a toujours recommandé impérativement cette harmonie et cet amour fraternel dans les travaux des groupes spirites, afin de réaliser un bon travail, avec un sérieux et bienfaisant accompagnement spirituel, indispensable et incontournable, pour la bonne marche d’un groupe. Les soins à distance parfaitement conçus dans l’amour fraternel sont de véritables transfusions fluidiques au plan psychique, comme au plan physique. L’énergie spirituelle déployée dans un groupe bien soudé et conscient du travail à honorer, est semblable aux paroles de Jésus « Talitha Koum », enfant lève toi et marche, qu’il prononça devant la fille de Jaïre. Ainsi les travaux spirites doivent être empreints d’une autre parole du christ : « là où deux ou trois se réunissent pour prier en mon nom, je serai parmi eux ».

1 Les œuvres spirites à connaître et a étudier sont celles d’Allan Kardec :

  • "Le Livre des esprits".
  • "Le Livre des médiums".
  • "L’évangile selon le Spiritisme".
  • "Le ciel et l’enfer".
  • "La genèse, les miracles et les prédictions".
  • "L’obsession" (compilation des extraits remarquables parue dans les Revues Spirites de 1858 a 1868).
  • "Les œuvres posthumes".
  • "Le Spiritisme a sa plus simple expression".
  • "Caractère de la révélation spirite".

1 Allan Kardec naquit à Lyon au 76 rue sala le 03 octobre 1804. De son vrai nom Denizard Hippolyte Léon Rivail. Sa demeure a disparu lors des redressements de cette rue de 1840 à 1852. Le codificateur du Spiritisme reçut dès son berceau un nom aimé et respecté et tout un passé de vertus, d’honneur de probité. Dès sa première enfance il se sentit attiré vers les sciences et la philosophie. Il fit à Lyon ses premières études, complétées ensuite à Yverdun (Suisse), auprès du célèbre professeur pédagogue Pestalozzi, dont il devint un de ses disciples les plus éminents collaborateur dévoué. Il s’était adonné, de tout cœur à la propagation du système d’éducation qui eut une grande influence sur la réforme des études en France et en Allemagne.

1 Ses biographes, Henry Sausse et André Moreil nous disent que dès l’age de 14 ans, il expliquait à ses petits camarades, moins avancés que lui, les leçons du maître, lorsque ceux-ci ne les avaient pas comprises, alors que son intelligence, si ouverte et si active, le lui avait fait saisir au premier énoncé. C’est à cette école que se sont développées les idées qui devaient plus tard faire de lui un observateur attentif, méticuleux, un penseur avisé. Les ennuis qu’il éprouva, lui catholique en pays protestant, le portèrent de bonne heure, à aimer la tolérance, et firent de lui un véritable homme de progrès, un libre penseur avisé, voulant comprendre d’abord, avant de croire ce qu’on lui enseignait de 1804 à 1818. L’élève devenait maître quand Pestalozzi était appelé par les gouvernements pour fonder des instituts semblables à Yverdum. Il devint bachelier des sciences et des lettres. Linguiste distingué il connaissait à fond et parlait couramment l’allemand, l’anglais, l’italien et l’espagnol. Il connaissait aussi le hollandais. Il était d’humeur gaie dans l’intimité, bon et serviable.

1 En 1824 il vient à Paris pour fonder au 35 rue de Sèvres un établissement semblable à Yverdun. Pour cette entreprise il s’était associé avec un de ses oncles, frère de sa mère, qui était son bailleur de fonds. Dans le monde des lettres et de l’enseignement qu’il fréquentait à paris, Denizard Rivail rencontre Melle Amélie Boudet qu’il épousa le 06 février 1832.

1 L’associé de M. Rivail avait la passion du jeu, il ruina son neveu en perdant de grosses sommes. On dut liquider l’institut. Loin de se décourager M. et Mme Rivail se mirent à l’ouvrage. Travailleur infatigable après avoir tenu des comptabilités, le soir il faisait à la veillée, des cours de grammaire, d’arithmétique. Il traduisait des ouvrages anglais, et Fénelon en allemand. Il organisa chez lui, rue de sèvres, des cours gratuits de chimie, de physique, d’astronomie, d’anatomie comparée de 1835 à 1840. Membre de plusieurs sociétés savantes notamment de l’Académie Royale d’Arras, il fut couronné au concours de 1831, pour un mémoire remarquable ayant pour thèse : « Quel est le système d’études le plus en harmonie avec les besoins de l’époque ? ».

1 Parmi ses ouvrages pédagogiques, il faut citer ceux-ci :

  • "Plan proposé pour l’amélioration de l’instruction publique" en 1828.
  • "Cours pratique et théorique d’arithmétique" en 1829
  • "Catéchisme grammatical de la langue française" 1848.
  • "Dictées normales des examens de l’hôtel de ville et de la Sorbonne". "Dictée spéciales et difficultés orthographiques" en 1849.

1 La même année il est professeur au lycée polymathique de Paris. Ces divers ouvrages furent adoptés par l’université de France.

1 En 1854, il a 50 ans, pour la première fois l’éminent professeur entendit parler des tables tournantes, d’abord par M. Fortier magnétiseur, avec lequel il était en relation pour ses études sur le magnétisme. Ce dernier lui  dit :  "voici qui est bien plus extraordinaire, non seulement on fait tourner une table, mais on la fait parler, on l’interroge et elle répond" . Ceci répliqua M. Rivail est une autre question : "j’y croirai quand je le verrai", résoudre toutes les difficultés de la question. Il confirma les résultats de ses observations que les esprits, n’étant autres que les âmes des hommes, n’avaient ni la souveraine sagesse, ni la souveraine science. Cette vérité  reconnut le principe et le préserva de graves écueils de croire à leur infaillibilité. Néanmoins cela prouvait à son sens l’existence d’un monde invisible ambiant. Il dit : "ce monde invisible était un point capital, qui dévoilait une phase absolument comme on arrive à connaître l’état d’un pays interrogeant les habitants de toutes les classes et de toutes les conditions, chacun pouvant nous apprendre quelque chose, et aucun individuellement, ne pouvant nous apprendre tout. C’est à l’observateur de former l’ensemble à l’aide de documents recueillis de différents côtés, collectionnés, coordonnés et contrôlés les uns par les autres. J’agis donc avec les esprits, comme je l’aurais fait avec des hommes, ils furent pour moi, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, des moyens de me renseigner et non des révélateurs prédestinés ".

1 Pressé par les événements et par les documents qu’il avait en sa possession, fait paraître le 18 avril 1857 la première édition du "Livre des esprits" sous le pseudonyme d’Allan Kardec, nom qu’avait été le sien lorsqu’il était druide en Gaule. L’ouvrage eut un tel succès, qu’en 1858 il le réédita sous la forme actuelle, revu, corrigé et augmenté. Le 1er janvier 1858, sous les conseils des guides spirituels, Allan Kardec, fait paraître " la Revue Spirite ", toujours éditée de nos jours par l’Union Spirite Française, conjointement avec le Conseil Spirite International.

1 Allan Kardec a dû affronter durant son passage terrestre, toutes les luttes, toutes les turpitudes. Il fut en butte à bien des complots montés contre lui, mais son nom, demeure dans la mémoire de notre humanité comme celui d’un vaillant lutteur, le pionner du hardi, auréolé d’une gloire légitimement acquise. Il a prêche d’exemple, pour le triomphe du spiritisme, futur temple de notre humanité.

1 Le 1er avril 1858, il fonda la Société Parisienne des Etudes Spirites, 1ere société spirite du monde. Le local se situait au Palais Royal, galerie Valois du 1er avril 1858 au 1er avril 1859, puis la société s’installa définitivement au 59 rue et passage Ste-Anne à Paris.

1 En 1860 Allan Kardec fit un voyage à travers la France dans l’intérêt du spiritisme, et se félicite de la cordialité de l’accueil qu’il a reçu partout, et notamment à Sens, Mâcon, Lyon, ST- Etienne. Un mot bien caractéristique est partout à l’ordre du jour, c’est celui-ci : " Le Spiritisme est dans l’air, à lui seul il peint l’état des choses " C’est surtout à Lyon que les résultats sont les plus remarquables. La doctrine a exercé chez les ouvriers la plus salutaire influence du point de vue de l’ordre, de la morale et des idées religieuses, en résumé la diffusion du spiritisme marche avec la rapidité la plus encourageante.

1 Le 19 septembre 1860 il prononce un discours mémorable, en voici quelques passages : " La première chose qui m’a frappé, c’est le nombre d’adeptes, je savais bien que Lyon en comptait beaucoup, mais j’étais loin de me douter que le nombre fut aussi considérable, car c’est par centaines qu’on les compte, et bientôt, je l’espère, on ne pourra plus les compter. Il y a, messieurs, trois catégories d’adeptes : les uns qui se bornent à croire à la réalité des manifestations et qui cherchent avant tout les phénomènes, le spiritisme est simplement pour eux une série de faits plus ou moins intéressants. Les seconds y voient autre chose que les faits, ils en comprennent la portée philosophique, ils admirent la morale qui en découle, mais ils ne la pratiquent pas, pour eux la charité chrétienne est une belle maxime, mais voilà tout. Les troisièmes, enfin, ne se contentent pas d’en admirer la morale : ils la pratiquent et en acceptent les conséquences. Bien convaincus que l’existence terrestre est une épreuve passagère, ils tâchent de mettre à profit ces courts instants pour marcher dans la voie du progrès que leur tracent les esprits, en s’efforçant de faire le bien et de réprimer leurs mauvais penchants, leurs relations sont toujours sures, car leurs convictions les éloignent de toutes pensées du mal, la charité est en toute chose la règle de leur conduite, ce sont là les vrais spirites ou mieux les spirite chrétiens . Il établit une règle générale importante, à savoir : Le nom d’un esprit n’est jamais une garantie, la seule véritable garantie de supériorité, c’est la pensée et la manière dont elle est exprimée. Les esprits trompeurs peuvent tout imiter, tout, excepté le vrai savoir et les vrais sentiments.

1 En janvier 1861, il travaillait sur le "Livre des médiums", il expose ceci dans "la Revue Spirite" : " Nous avons cherché toutes les questions qui se rattachent à la pratique des manifestations, il contient, d’après les esprits, l’explication théorique des divers phénomènes et des conditions dans lesquelles ils peuvent se produire, mais la partie concernant le développement et l’exercice de la médiumnité a surtout été de notre part l’objet d’une attention toute spéciale. Le Spiritisme expérimental est entouré de beaucoup plus de difficultés qu’on ne le croie généralement, et les écueils qu’on y rencontre sont nombreux, c’est ce qui cause toute déception chez ceux qui s’en occupent sans avoir l’expérience et les connaissances nécessaires ".

 

L 'Autodafé de BARCELONE :

1 1861 restera mémorable dans les annales du Spiritisme par un fait monstrueux qui signera définitivement l’arrêt de la monstrueuse Inquisition qui sévissait encore en Espagne. A dix heures et demi du même jour, renouvelant les fastes et les bûchers du Moyen Age, l’évêque de Barcelone fit brûler en place publique, par la main du bourreau, les ouvrages incriminés, au lieu où étaient exécutés les criminels au dernier supplice.

1 Par ordre de l’évêque de cette ville les livres suivants  furent brûlés :

  • "La revue spirite", directeur Allan Kardec.
  • "La revue spiritualiste", directeur Piérar.
  • "Le livre des esprits", par Allan Kardec.
  • "Le livre des médiums", par Allan Kardec.
  • "Qu’est que le spiritisme", par Allan Kardec.
  • "Fragment de sonate", dicté par l’esprit de Mozart
  • "Lettre d’un catholique sur le spiritisme", par le Dr Graux
  • "L’histoire de Jeanne D’Arc", dictée par elle-même à Ermance Dufaux
  • "La réalité des esprits", démontrée par l’écriture directe, par le baron de Guldenstubbé

1 Quand le feu a eut consommé les trois cents volumes spirites, le prêtre et ses aides se sont retirés couverts par les huées et les malédictions de la foule qui criait : "a bas l’Inquisition !".  Allan Kardec se réjouit de cet acte car il recruta un nombre incalculable d’adhérents à la doctrine spirite. Le temps démontra combien cet autodafé permis un immense développement du spiritisme dans toutes l’Espagne, en France, et au Portugal.

1 Fatigué par son action sans repos, ayant servi sans compter son temps au service de la doctrine, le 31 mars 1869 la maladie de cœur qui le minait sourdement eut raison de sa robuste constitution et l'enleva à l’affection de ses disciples spirites , il se désincarna à Paris 59 passage Ste-Anne dans le 2éme arrondissement. Dans le journal de Paris du 3 avril 1869 on pouvait lire : " Celui qui, si longtemps occupa le monde scientifique et religieux sous le pseudonyme d'Allan Kardec est décédé à l'age de 65 ans. Si le style c'est l'homme, ceux qui ont connu Allan Kardec vivant ne peuvent qu'être émus par l'authenticité d'une communication produite par lui même, car l'esprit de Allan  Kardec était venu dire quels avaient été ses déchirements, ses impressions premières, lequel de ses prédécesseurs dans la mort étaient venus aider son âme à se dégager de la matière".

1 Allan Kardec a accompli une mission que nul autre ne pouvait mener à bonne fin, il fallait sacrifier les longues veilles qui nourrissaient l'esprit, la patience qui enseigne à la longue, l'abnégation qui brave la sottise du présent pour ne voir que le rayonnement du futur. Par ses oeuvres, Allan Kardec, aura fondé le dogme pressenti par les sociétés les plus anciennes. Son nom restera toujours estimé comme celui d'un homme de bien et un bienfaiteur pour l'humanité.

1 Il a codifié magistralement ce qui paraissait inaccessible par le Spiritisme à la portée de tous, en détruisant les abus, et en relevant bien des consciences endolories par la conviction de l'épreuve et la consolation de l'avenir. soyons les fidèles disciples d'Allan Kardec, souvenons nous qu'il  a dit : "Il ne sert à rien de croire aux manifestations spirites si l’on ne  conforme sa conduite à ses principes, le véritable spirite est celui dont on peut dire : "Il vaut mieux aujourd’hui qu’hier". Que tel soit le seul jugement qu’on puisse porter sur nous, si nous voulons être dignes de nos devanciers, si nous voulons rester les véritables disciples d’Allan Kardec. Sa tombe au Père La Chaise est en permanence la plus fleurie. (Textes d’Henri Sausse)

1 Nous publierons au fur et à mesure, les travaux des grands pionniers du spiritisme, qui ont succédé a Allan Kardec : Tels que Léon Denis et Gabriel Delanne.

1 Nous signalons qu’Allan Kardec avait 42 ans quant naquit Léon Denis, lequel pendant 63 ans se dévoua magistralement à la cause spirite, on le surnomma le Bossuet du Spiritisme. Allan Kardec avait 53 ans quand naquit celui qui allait de par son génie donner au spiritisme un couronnement scientifique : Gabriel Delanne. Ce fut le Blaise Pascal du Spiritisme. Il quitta notre monde à l’age de 69 ans. Ces deux disciples vécurent comme des saints et leurs œuvres traduites en plusieurs langues figurent au panthéon du Spiritisme.

 

Léon Denis

Un pionnier:

Chantre de la philosophie spirite

Il y a soixante-dix neuf ans, Léon Denis se désincarnait, sa présence ne nous a jamais fait défaut, à preuves ses livres : Après la Mort, Esprits et Médiums etc…

Son oeuvre fut grande, féconde, lumineuse et bénie, d’autres plus autorisés en parleront mais ce qu'on ne pourra jamais connaître, c'est la grandeur de son cœur, sa bonté délicate et si discrètement agissante, c'est l'élévation de son esprit. On ne pouvait l'approcher qu'avec tout le respect, la vénération qu'inspirent ceux qui viennent de très haut.

Léon Denis naquit à Foug, bourg lorrain de l'arrondissement de Toul (Meurthe‑et‑Moselle) le 1er janvier 1846. Il était encore enfant lorsque sa famille vint se fixer à Saint‑Pierre‑des‑Corps (Indre‑et-Loire), puis à Tours, où il meurt après une belle carrière littéraire et une belle vie de travail et de bien en 1927.

Dans ses écrits, Léon Denis nous a donné des détails sur son adolescence assez dure, partagée entre des travaux pénibles et l'étude. On peut dire que ce savant psychiste, ce grand philosophe spiritualiste, cet homme de bien, fut le fils de ses oeuvres.

« Je suis né, a écrit Léon Denis, dans la classe laborieuse, j'en ai connu les luttes, les privations. Mon père était tailleur de pierres, puis devint petit entrepreneur, mais le travail manquait souvent et il fallut changer de métier. Moi‑même, après avoir reçu une instruction très sommaire, j'ai débuté petit employé de commerce et le labeur manuel ne m'est pas étranger. Déjà, à douze ans, je décollais des "flans» de cuivre à la Monnaie de Bordeaux et mes doigts d’enfant, sous le frôlement du métal se teintaient de sang. A seize ans, dans une faïencerie de Tours, je portais la hotte les jours où l'on défournait. A vingt ans, dans une manufacture de cuirs, je charroyais des peaux aux heures de presse, où je manœuvrais "la marguerite , gros outil de bois qui sert à assouplir les cuirs. Obligé pendant le jour de gagner mon pain et celui de mes vieux parents, j'ai consacré bien des nuits à l'étude, afin de compléter mon léger bagage de connaissances et, de là, date l'affaiblissement prématuré de ma vue. »

« Après la guerre de 1870, j'ai compris qu’il fallait travailler avec ardeur à l'éducation du peuple. Dans ce but, avec quelques citoyens dévoués, dont était Jean Macé, nous avions fondé dans notre région la Ligue de l’Enseignement, dont je suis devenu secrétaire général, créé des bibliothèques populaires, inauguré un peu partout des séries de conférences. Ceci pour démontrer que j'ai toujours gardé le contact avec les classes laborieuses, que j'ai partagé leurs soucis, leurs aspirations vers le progrès. Je me suis beaucoup intéressé au mouvement coopératif et j'ai longtemps tenu, à titre gracieux, les livres d’un groupe d’ouvriers cordonniers réunis dans une entreprise commune »

"Maintenant que l'âge a blanchi ma tête et que l'expérience est venue, j'apprécie plus hautement les avantages que procurent à toute âme les réincarnations parmi les humbles et la libre acceptation de la loi du travail. Je comprends mieux pourquoi la loi d’évolution oblige l'immense majorité des êtres à renaître au sein des classes laborieuses pour y développer les saines énergies, façonner les caractères, élever les âmes. C'est pour cela que les plus grandes âmes qui ont passé sur la Terre : le Christ, Jeanne d’Arc, et tant d'autres nobles Esprits ont voulu naître dans les conditions les plus obscures pour servir d’exemple à Humanité." (Ainsi fit Léon Denis )

"Dans le cours de ma vie, depuis mon enfance, au milieu des difficultés que j'ai dû surmonter, j'ai toujours été soutenu par l'au‑delà. Aux moments dont je viens de parler, je me sentais poussé dans ma voie par une force dont j'ignorais encore la nature, car mes guides spirituels ne se révélèrent qu'un peu plus tard. Cependant, je possédais déjà une faculté médiumnique, celle de l'écriture, et j'obtenais des communications d'une forme assez littéraire. Mais cette faculté disparut tout d’un coup lorsque je devins un conférencier. Mes protecteurs de l'espace m'expliquèrent qu'ils avaient adapté leurs secours fluidiques à mes facilités oratoires et aux moyens l'improvisation comme étant plus efficaces pour la vulgarisation du Spiritisme."

"A cette époque, je ne traitais pas encore publiquement les questions spirites. Ce ne fut que vers 1880 que j'abordai franchement et publiquement cette question. Il fallut plus d’une fois supporter les railleries, les objections puériles et surtout le boucan. Aujourd’hui, les conférenciers spirites rencontrent un meilleur accueil, ce qui prouve les progrès réalisés par nos croyances dans une période de quarante années."

Léon Denis voyagea beaucoup en Suisse, en Italie, en Espagne, à Malte et en Tunisie. Il visita aussi la Belgique, la Hollande. De ces voyages, il rapporta d’intéressantes études dont il parle dans certains ouvrages.

Pendant quinze ans, Léon Denis fit partie de la Loge des Démophiles de Tours. Il en fut l'un des plus brillants orateurs. Il s’en retira en raison de ses croyances spiritualistes.

En 1870, il fit partie de l'armée de la Loire comme lieutenant des mobiles. Revenu à Tours, il comprit, après cette désastreuse guerre, q’il fallait instruire le peuple ; aussi travailla‑t‑il avec ardeur à son éducation. Ce fut vers "L'école Laïque" qu’il dirigea ses efforts et qu’il fonda dans son département avec quelques amis du progrès social, la Ligue de l’Enseignement.

Léon Denis fit plus de trois cents conférences à Paris, chez la duchesse de Pomar, à la salle du Petit Journal, à la Société de Géographie, à Trianon et dans les principales villes de France, particulièrement à Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux. A l'étranger, il fut apprécié à Genève, Bruxelles, La Haye. Partout, Léon Denis se fit remarquer par ses brillantes facultés oratoires, par son éloquence vibrante et chaleureuse. Il sollicitait souvent la contradiction, fortement armé, grâce à son érudition et à sa merveilleuse mémoire.

Il présida avec autorité à Paris, en 1900, le Congrès des Spiritualistes modernes, toutes les écoles réunies (Spiritisme, magnétisme, théosophie, occultisme, hermétisme). Il fonda à Alger, la Fédération algérienne et tunisienne des spiritualistes, dont il était président l'honneur. Léon Denis était président d’honneur de l’Union Spirite Française ; il était aussi président des Unions spirites de Catalogne et du Brésil.

Enfin, en septembre 1925, sous l'inspiration de ses guides et d'Allan Kardec, il fut l'âme du Congrès spirite international qui se tint à Paris et auquel prirent part vingt‑sept nations. Les admirables discours prononcés par Léon Denis à ce congrès resteront des documents immortels sur le mouvement spirite de cette époque.

Léon Denis est mort à la tâche, en vaillant, malgré ses quatre-vingt‑un ans et l'affaiblissement de la vue dont il souffrait. Son oeuvre spirite est admirable. Tous ceux , qui ont lu Léon Denis ont pu apprécier ses talents d’écrivain, ses hautes connaissances psychiques, la profondeur de sa philosophie spirite.

Il venait d’achever une oeuvre de valeur : Le Génie Celtique et le Monde Invisible, écrit en collaboration avec les Esprits, lorsqu’il se désincarna.

Léon Denis fut le fils de ses oeuvres. Sorti d’une famille d’ouvriers qui ne put le faire instruire selon ses aptitudes et ses désirs, nous avons vu comment cette âme vaillante gravit peu à peu les échelons de son apostolat, débutant par les journées sombres de manœuvre, traversant des vicissitudes nombreuses, matérielles, pour atteindre enfin les sommets glorieux de l'intellectualité, de la spiritualité.

Cette vie si humble, mais si lumineuse, restera pour l'humanité un sublime exemple moral, par l'amour du travail qui la caractérisa, par l'amour du bien et du vrai qui l'illumina, par la belle et large fraternité qui rayonna constamment de cette âme d’apôtre sur l'humanité.

Léon Denis n'est pas seulement un philosophe spirite, il est aussi l'un de nos plus grands écrivains français ; il est, à ce titre, une gloire pour nos lettres françaises.

Gardons fidèlement dans nos cœurs une pensée de gratitude, l'affectueuse vénération à ce maître de la pensée spirituelle, à cet apôtre de la Vérité et de la Fraternité ! Prions‑le de continuer du ciel à nous éclairer de la lumière de ses enseignements ! Prions‑le de revenir nous aider à suivre la voie lumineuse tracée par Allan Kardec et qu'il sut élargir par sa Science et son Amour !

Par sa bonté, Léon Denis sut gagner les cœurs. Son âme lumineuse rayonna avec amour sur l’humanité, cherchant toujours à élargir ses horizons, à lui faire comprendre et aimer les oeuvres divines, la Vie spirituelle.

 

Si la doctrine spirite demeure intacte sur ses positions après les assauts redoublés de ses détracteurs, elle le doit, pour une large part, au talent, à l'énergie tenace, à la prudence avisée de l'auteur de Après la Mort ; grâce à lui, l'enseignement des Esprits est demeuré intangible, et personne ne songe à lui marchander l'honneur de l'avoir conduit, contre vents et marées, avec un courage, une clairvoyance et un désintéressement qui forcent l'admiration.

Ayant largement contribué à défricher un des plus hauts sommets de la connaissance, Léon Denis peut, avec un contentement légitime le voir se couvrir d'une moisson pleine de promesses. En sortirat‑il le grain qui fécondera l'avenir ? Beaucoup l'espèrent et la Science, enfin, se décide à sonder le mystère de cette éclosion étonnante. Souhaitons‑lui de trouver encore devant elle des pionniers aussi hardis pour continuer à déblayer la voie qui conduit aux cimes où s'élargit l'orbe de la clarté sans limites.

 

Son oeuvre

L’oeuvre écrite de Léon Denis, fruit d'une longue vie de labeur, présente une admirable unité doctrinale et savante, elle se déroule avec ampleur autour du foyer ardent de la foi spirite.

- Après la Mort fixe en premier lieu l'enseignement spirite, après en avoir présenté une synthèse puissante. Livre vraiment inspiré, où la forme revêt l'idée d'un vêtement magnifique,

- Dans Christianisme et Spiritisme, l'auteur répondant aux attaques du clergé romain de l'époque, tente avec succès de projeter sur les Evangiles le rayonnement de cette lumière secrète dont resplendit la figure sublime de Jésus de Nazareth.

- Dans Jeanne d'Arc Médium, il élucide un grand problème historique et analyse les phénomènes merveilleux qui illustrent la vie de la vierge lorraine. C'est un monument fait de vérité et de beauté.

- La Grande Enigmeest l'oeuvre d'une foi appuyée sur la raison et la science. Livre d'élévation sereine devant les splendeurs de l'univers, poème brûlant de l'esprit cherchant sa plus haute voie.

Dans le domaine proprement scientifique, Léon Denis a donné deux livres remarquables par l'étendue et la sûreté de l'érudition. Ce sont : Dans ‘’L’Invisible’’, traitant spécialement des facultés psychiques et renfermant les données essentielles et les preuves fournies par l'expérimentation au point de vue phénoménal. Puis Le problème de l'Etre et de la Destinée, dont la riche documentation étayant la grande loi des vies successives se déroule en périodes majestueuses. Par elle, les énigmes de la vie se résolvent, le mystère de la destinée s'éclaire d'une lumière intense.

- Le Monde Invisible et la Guerre, d'une large pitié humaine, est comme le couronnement de cette oeuvre admirable.

Tous ces ouvrages, ainsi que les nombreuses brochures de propagande, les articles de revue, discours et conférences, portent la triple marque de l'apôtre, du penseur et du poète. En les parcourant, on ne peut manquer d'en apprécier la puissante unité, '.'heureux équilibre, l'élévation sereine. Que Léon Denis traite du grand problème de la vie et de la mort, des mystères de l'Invisible, de la médiumnité transcendantale ou des traditions celtiques, son style demeure, dans sa robuste plénitude, net substantiel, harmonieux. Il charme l'oreille, émeut le coeur, séduit l'esprit. Par la chaleur de l'inspiration, le don de l'image expressive et l'envolée, il s'apparente aux meilleurs maîtres de notre prose. Dédaignant tout artifice et par une vertu qui lui est propre, il atteint, sans rhétorique vaine, les hautes cimes de l'éloquence ; il entraîne et persuade. C'est pourquoi ses ouvrages connaissent la rare fortune d'être traduits dans la plupart des langues et lus aux quatre coins du globe.

Telle est l'oeuvre de ce Lorrain, en qui se conjuguent les solides qualités de sa race : volonté sûre, intelligence souple et précise, sensibilité délicate et contenue, imaginadon ardente et riche toujours soumise au contrôle de la raison : oeuvre merveilleusement féconde où l'on retrouve, en relisant ses pages, la lumière voilée, la profondeur et le charme de Platon.

 

 

Communications d’Alan Kardec

 

Dans Les Annales du Spiritisme, journal qui paraissait à Rochefort‑sur‑Mer sous l'égide du Groupe Allan Kardec qui siégeait au 32 rue Guesdon, nous avons relevé qu'au cours d’une séance qui s'est déroulée le 24 avril 1927, un message d’Allan Kardec reçu par l'intermédiaire de Mlle J. Brasseaud, médium du groupe, disait ceci :

‑ Vous venez de vous entretenir sur la disparition d’un maître que vous aimez, sur celui qui fut l'un des plus fervents apôtres du Spiritisme : Léon Denis. Pourrais‑je passer sous silence, mes frères, les derniers moments terrestres de cette belle âme, alors que je viens si souvent dans ce lieu apporter les enseignements du divin maître Jésus !

‑ Léon Denis fit une admirable mission d’apôtre. Ne chercha‑t’il pas par ses oeuvres, par son exemple, à propager la doctrine du maître ? Il en avait si bien compris toute la beauté qu'il voulut la faire connaître à tous ses frères afin de les unir, de les élever par l'amour, par la belle fraternité qu'enseigna et pratiqua Jésus !

‑ Arrêtons donc notre pensée, mes frères, sur Celui qui vient de vous quitter et qui dans l'au‑delà observe déjà d’un regard profond les choses merveilleuses qu'il y découvre et dont il jouit avec bonheur. Puis‑je dire qu’il les découvre alors que, sur Terre, par certaines réminiscences, par ses intuitions et sa belle clairvoyance, cet Esprit pur avait déjà pénétré dans le domaine de l'infini, par les révélations de ses guides, par sa foi éclairée, par son acquis spirituel, n’avait‑il pas eu dès ici‑bas, un pied dans l'au‑delà ? S'il n'est plus pour les, humains, pour vous qui l'aimez sincèrement, il vit là‑haut en pleine joie, dans la splendeur spirituelle.

_ J’entourais souvent ce frère de ma force d’amitié, de ma protection spirituelle, tout en lui communiquant mes enseignements. Il fut un apôtre de l'amour, un ardent pionnier de la vérité. Dans son long apostolat, il m’appela souvent pour l'inspirer dans ses travaux et c'est avec bonheur que je venais l'éclairer, soit par des vibrations puissantes venues de l'espace, soit par mes intuitions en descendant près de lui. Cette âme toujours avide d’une vérité plus pure cherchait parfois, aux heures de recueillement à briser ses liens charnels pour pénétrer l'au‑delà. Dans ses méditations spirituelles, Denis appelait son ange gardien, il sollicitait la lumière de ses guides et des forces pures de l'espace, ce qui explique la beauté de ses écrits. Une vive clarté irradiait de son pur Esprit, s'harmonisant avec le "Soleil l ‘Amour'’ qui illuminait sa modeste demeure, même dans les jours les plus sombres de votre Terre.

‑ Oui, j'aimais cette âme noble et pure que des aspirations supérieures poussaient toujours à s'élever vers des régions plus éclairées que la Terre. Par la pureté de son esprit, Léon Denis eut accès dès ici‑bas dans l'astral, dans les mondes éthérés.

‑ J'aime ce frère parce que des affinités antérieures nous lient, parce que déjà, autrefois, il avait été pour moi un ami, un collaborateur dévoué, alors que tous deux chefs de belles institutions philosophiques, nous pouvions déjà pressentir le problème de l'être et de ses destinées.

‑ Cette belle âme avide de spiritualité recherchait tout ce qui pouvait répondre à ses hautes aspirations et élargir ses horizons. Toute sa vie fut un labeur persévérant pour découvrir encore et toujours plus de lumière, non seulement pour lui même, mais pour en faire bénéficier l'humanité.

‑ Au début de mon action près de lui en vue de son dernier ouvrage, je sentis, comme ses guides, que cette âme allait bientôt venir nous rejoindre ; aussi les Esprits se hâtèrent de lui donner par son médium les documents essentiels pour permettre la parution du livre avant son départ.

‑ Ne vins‑je pas un jour vous révéler, mes frères, que Léon Denis ne vous quitterait que lorsqu'il aurait achevé le livre écrit en collaboration avec les Esprits ?

‑ Et cet ardent pionnier vient de quitter la Terre au moment où l'oeuvre paraît. Il avait aussi le désir d’écrire une Vie de Jésus, mais l'heure de son propre repos a sonné. Ce maître est parti ayant bien mérité du Ciel, par sa mission bien remplie, par sa sublime charité de coeur, par ce don de lui‑même envers tous ; en un mot, par le beau travail spirituel qu’il fournit ici‑bas.

‑ Je ne vous retracerai pas tout le labeur méritant de cet apôtre, car vous connaissez ses oeuvres, vous les avez appréciées, cherchant à les faire connaître à ceux qui doutent de la Vérité spirituelle.

‑ 0 frère Denis ! Esprit pur !

Comme tu es heureux de pouvoir t’éclairer maintenant au rayonnement pur de Jésus, sans l'obstacle de la matière ! Que de fois tu appelas, tu prias ce divin maître de venir t’inspirer aux heures difficiles et tu bénéficias souvent de cette lumière pure grâce à la pureté de ton coeur, à ton beau don d’intuitif, d’inspiré ! Et lorsque ton médium traduisait la pensée de tes guides, ton cerveau n’était‑il pas en même temps impressionné par la force spirituelle qui t’entourait ?

‑ Par sa bonté, Léon Denis gagner les coeurs. Son âme lumineuse neuse rayonna avec amour sur l'humanité, cherchant toujours à élargir ses horizons, à lui faire comprendre et aimer les oeuvres divines, la vie spirituelle.

‑ Aussi, en quittant la Terre, cet apôtre fut‑il glorifié par tous les spirites.  Il le fut plus magnifiquement encore par les Esprits, puisqu’il reçut même les hommages des "Elus". Cette réception spirituelle fut grandiose ; mais avant de vous en donner un aperçu, laissez‑moi vous
parler de la dématérialisation de cet Esprit pur !
‑ Depuis quelque temps, je n'abandonnais plus ce frère, ce "druide" (1) qui, autrefois, travailla avec moi au triomphe de la Sainte Cause. Sentant sa fin prochaine, je lui prodiguai ma force spirituelle, par mes vibrations les plus pures et des intuitions profondes. Il recevait aussi la force de ses guides tant pour l'aider à achever l'oeuvre que pour préparer son esprit au travail de "dématérialisation".
Dans cette sorte de "coma" qui précède la rupture et qui est le commencement de la vision spirituelle, cet être pur, tout en joignant les mains et en priant mentalement, avait la vision des choses de l'au-delà. De tout temps, cette belle âme, avide de s'élever, fut disposée au dégagement, bonheur inexprimable pour cet Esprit pur initié aux choses de l'infini ! En quittant son corps, l'âme se vit entourée par une pha­lange d’Esprits purs qui l'avaient aidée, soutenue dans sa mission terrestre. Tous entouraient avec amour cet Esprit, attendant avec joie l’heure de sa délivrance.

(1) Cette vie antérieure deLéon Denis nous explique le sujet de son livre Le Celtisme et le Spiritisme pour lequel Allan Kardec, un druide comme lui, l'inspira si souvent.
                                                 

 

GABRIEL DELANNE ET LA DOCTRINE SPIRITE

Gabriel Delanne fut le disciple le plus proche, après Léon Denis, du Maître Allan Kardec, mais disciple, hélas quelque fois trop oublié, qui mérite particulièrement que nous rappelions sa vie et son œuvre. Au mois de mars de cette année 2006, il naquit voici 149 ans.
Allan Kardec avait une cinquantaine d’années lorsqu’il commença à s’intéresser aux manifestations produites par les célèbres tables tournantes surannées. Léon Denis était adolescent quand, pour la première fois, il entendit parler du spiritisme. On se souvient de sa première rencontre à Tours, avec l’auteur du Livre des Esprits, la façon dont il devait, grâce à ses économies d’ouvrier, si péniblement amassées, se procurer ce livre que sa mère lisait en même temps que lui, mais en cachette !

 

DU DOUTE A LA CONNAISSANCE

François, Marie, Gabriel Delanne naquit à Paris (21, rue du Caire) le 23 mars 1857. Son père, Alexandre Delanne, et sa mère, Marie, Alexandrine Didelot, tenaient un magasin d’articles d’hygiène. Voyageant pour ses affaires, Alexandre Delanne entendit à Caen parler, pour la première fois, de spiritisme. Il accueillit, avec scepticisme les affirmations qui lui étaient faites touchant l’âme humaine, sa survie, sa manifestation après la mort et son évolution à travers les vies successives. Cependant, de retour à Paris, il confia à sa femme ses préoccupations sur ces graves problèmes que ses conversations de Caen rendaient plus aigus. Intuitivement pénétrée des données du nouveau spiritualisme, Madame Alexandre Delanne engagea vivement son mari à acquérir le Livre des Esprits et les Livre des Médiums. Ce fut aussitôt la lecture à deux de ces ouvrages si riches d’enseignement. Que d’échos de leurs propres sentiments de leurs aspirations ils devaient découvrir en leurs pages ! Si bien qu’ils n’eurent bientôt qu’un désir : celui de rencontrer Allan Kardec. Ils allèrent à lui au 59 passage Sainte Anne. Ils furent accueillis par le Maître avec cette simplicité si attachante qui, chez les êtres de valeur, est le signe de leurs qualités de cœur et d’intelligence.
Etudiants persévérants, attentifs en outre aux enseignements qui leur étaient prodigués, ils furent bientôt convaincus de l’évidence du « fait spirite » et de l’importance de la philosophie qui en découle, d’autant plus qu’aux leçons reçues devait s’ajouter le témoignage que permet la médiumnité vraie, sérieusement, sincèrement pratiquée.

La mère de Gabriel Delanne devint, très rapidement, un excellent médium psychographe au sein du petit groupe familial que son mari et elle avaient créé sur les instances d’Allan Kardec, en leur domicile –rue Saint- Denis- dans la maisons des Bains Saint Sauveur. Ce fut dans ce groupe qu’un certain jour furent reçus, introduit par un ami des époux Delanne, Monsieur Ledoyen, ancien libraire au Palais Royal, deux personnes inconnues d’eux qui devaient, en cours de séance, recevoir une communication en idiome piémontais.
Tel était le milieu dans lequel naquit Gabriel Delanne. Ses parents l’élevèrent, par conséquent, suivant l’enseignement moral du spiritisme nous disent ses biographes, mon ami Paul Bodier et Henri Reynault dans la brochure, maintenant épuisée, qu’ils consacrèrent en 1937 : un grand disciple d’Allan Kardec, Gabriel Delanne, sa vie, son apostolat, son œuvre.

 

L’ENFANCE PRES DU MAITRE

 

Donc, dès son enfance Gabriel Delanne fut familiarisé avec le vocabulaire spirite et il assista de bonne heure à de nombreuses séances, souvent d’une rare qualité. Madame Berthe Ducel, Présidente du foyer spirite de Béziers, que j’ai bien connue, ayant à ses côtés, dans ma jeunesse, apporté ma part à l’effort de ce cercle, patronné par Jean Meyer, se plaisait à rappeler qu’Alexandre Delanne lui conta, à l’un de ses passages dans la grande ville languedocienne, que son gamin, alors âgé de 7 ans, avait été un jour interrogé sur la religion de ses parents. Avec une charmante naïveté Gabriel avait répondu : « Papa ? Il est spirite et maman aussi. Elle est même très bon médium. J’espère bien pouvoir, comme elle, faire un jour honneur à ma foi ! ». Ce trait nous permet de penser, comme Gabriel Delanne m’en fit un jour confidence, qu’il devint de bonne heure le propagandiste des convictions spiritualistes de ses parents auprès de ses petits camarades, dont certains devaient, plus tard, partager ses opinions. Allan Kardec voyait souvent la famille Delanne pour laquelle il éprouvait une vive amitié. Gabriel Delanne avait 12 ans lorsqu’en  1869, le Maître usé par le travail, les soucis, les incompréhensions, succomba, ayant bien rempli sa tâche. Gabriel Delanne aimait à évoquer cet homme au bienveillant regard qui le guidait dans son travail de petit écolier et l’instruisait, en outre, de tant de choses !
Nous ne saurions oublier, en effet, qu’avant de devenir le fondateur de la doctrine spirite, Allan Kardec fut un pédagogue éminent, élève du Maître zurichois Pestalozzi que, sous son nom de famille : Hypolite, Léon Denizard Rivail, il écrivit entre autres ouvrages « une grammaire française classique et un Cours pratique et théorique d’Arithmétique »

Si je me souviens toujours des encouragements affectueux que Gabriel Delanne me prodigua tant de fois au cours des entretiens que j’eus avec lui dans son appartement de la villa Montmorency où Jean Meyer avait voulu abriter sa vieillesse, Gabriel Delanne entretint filialement le souvenir du Maître spirite qu’il célébra en toutes occasions dans son œuvre écrite et parlée.

 

LES DEBUTS DE LA VIE ET DANS L’ACTION 

Gabriel Delanne faisait preuve d’une grande modestie, si bien qu’il fut d’une extrême discrétion à l’égard de lui-même. Tout ce qui, dans sa vie, n’était point lié avec la question spirite lui semblait négligeable. Il était tout aussi discret à l’égard de sa propre souffrance. Devant elle, il fit preuve, j’en fus tant de fois le témoin, affligé d’un véritable stoïcisme ! Infirme, cloué dans son fauteuil de douleur, aveugle, enfermé dans le silence de la cécité, il puisait dans la méditation, confiant dans le secours de l’invisible, le soutien qui lui permit de ne pas considérer l’existence terrestre comme un martyre. Nos lecteurs se souviennent que Léon Denis, Jean Meyer et le bon médium-peintre-mineur Augustin Lesage connurent la même épreuve. Ils furent aussi dignes devant la douleur. Mais, revenons à la jeunesse de Gabriel Delanne. Il fut élève au Collège de Cluny (Saône et Loire) puis, avec son frère Ernest, au collège de Gray (Haute Saône), ville où habitait une de leurs tantes, belle sœur d’Alexandre Delanne. Après de brillants débuts, Gabriel Delanne fut reçu à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures où il entra le 3 novembre 1876 ; la situation matérielle de ses parents ne devait pas lui permettre de poursuivre jusqu’à leur terme ses études dans cette institution. Il devait entrer à la Compagnie d’Air Comprimé et d’Electricité POPP, où il resta jusqu’en 1892. Il partagea, alors, son temps entre le travail et le service du spiritisme. C’est à cette époque qu’il lui fut dit par la voix : »ne crains rien, aie confiance ! Au point de vue matériel, tu ne seras jamais riche, mais tu ne manqueras de rien ». Cette affirmation se vérifia maintes fois au cours de son existence. Il faut reconnaître, en passant, que Jean Meyer fut, par sa bonté amicale, l’agent généreux de la providence lorsqu’il intervint pour assurer à Gabriel Delanne une vieillesse décente, préservée des soucis matériels. Il avait 23 ans, le 31 mars 1880, lorsque participant au Père Lachaise à la cérémonie commémorative annuelle d’Allan Kardec, Gabriel Delanne proclama son désir ardent de jeune militant, de se vouer à la diffusion du spiritisme scientifique. Il est désormais « engagé » et ne reculera jamais, aussi bien devant l’œuvre à réaliser.

 

 

 

L’ŒUVRE ECRITE ET PARLEE

 

Le 4 septembre 1882, il devint Secrétaire de la Fédération Spirite Franco-belge-Latine. En mars 1833, la revue bimensuelle : «Le Spiritisme » voyait le jour, grâce au soutien de Madame d’Espérance qui fut un prodigieux médium en même temps qu’une spirite agissante. Gabriel Delanne est bientôt l’âme du nouveau périodique. Avec son père, Alexandre Delanne, il fut un des fondateurs de l’Union spirite Française, première du nom, le 24 décembre 1882, sous la présidence du Docteur Josset et de l’appui, sans faille, de la bienheureuse Amélie Boudet, épouse dévouée d’Allan Kardec.

Le 23 janvier 1883 au cimetière Père Lachaise, Gabriel Delanne eut l’honneur de rendre le suprême hommage à Madame Allan Kardec, décédée le 21 janvier à l’âge de 88 ans, quatorze années après son époux.

De plus en plus à travers ses interventions, ses écrits, Gabriel Delanne insiste pour montrer que le spiritisme n’est pas opposé à la science et que sa propagation doit s’affirmer dans tous les milieux où la pensée libre est admise et respectée. En 1884, Gabriel Delanne est délégué par l’U.S.F. au Congrès national spirite belge à Bruxelles. En 1885, il fait paraître son premier livre « Le Spiritisme devant la Science » alors que quelques mois après, en septembre, Léon Denis éditait sa première et si précieuse brochure : « Le Pourquoi de la Vie ». Comme le remarquent, dans leur biographie, Gabriel Delanne, Paul Bodier et Henri Regnault : « Le début de l’action écrite de deux grands pionniers du spiritisme est donc à peu près parallèle ». Cette année 1885 est marquée particulièrement dans la vie de Gabriel Delanne par le développement de son action de conférencier en France et en Belgique, en même temps que par sa désignation comme Vice-président de l’U.S.F. Il n’avait que 30 ans ! En 1890, son frère Ernest Delanne se marie. Ami de Léon Denis, Ernest Delanne était profondément spirite alors que sa femme ne devait adhérer à notre philosophie qu’après la désincarnation de son mari en 1893.

En 1892, Gabriel Delanne quitte la Maison Popp et devient représentant d’une autre maison de commerce pour laquelle il voyagea beaucoup. Suivant l’exemple de son père, il profita de ses déplacements pour faire une propagande intense en faveur du spiritisme.
Malheureusement, nous l’avons vu Gabriel Delanne n’avait pas une très bonne santé. Déjà au mariage de son frère, il avait une prédisposition à l’ataxie. On le remarquait à sa démarche. De plus, enfant, il avait eu un abcès à l’œil gauche, ce qui, en étant une cause d’exemption du service militaire, faisait craindre l’affection qui devait atteindre sa vue progressivement. Son admirable mère, Madame Alexandra Delanne, quitta ce monde en 1894. Son père, tout aussi digne de respect, lui survécut sept années. Il mourut le 2 mars 1901 à l’âge de 71 ans. Les dépouilles mortelles de ces deux vaillants serviteurs du spiritisme, qui n’épargnèrent rien de leurs modestes ressources et de leurs forces pour la cause  spirite, reposent près des cendres de leurs fils, dans le tombeau de famille, presque voisin de celui d’Allan Kardec, au Père Lachaise.

En 1896, année où il fit paraître son deuxième ouvrage « Le Phénomène spirite », Gabriel Delanne fonda « La Revue scientifique et morale du spiritisme ». Le premier numéro parut en juillet. Elle fut, durant trente ans, l’un des drapeaux du  spiritisme. C’est dans ses pages qu’il inséra tout de lui-même ! D’un commun accord, Gabriel Delanne et Jean Meyer, que de forts liens d’amitié unissaient de longue date, avaient convenu qu’à la mort de son fondateur, cette publication cesserait de paraître pour être fusionnée avec la « Revue Spirite ». Il en fut ainsi.

« L’évolution animique », troisième livre de Gabriel Delanne, parut en mars 1897. Devant l’intérêt soulevé par ses précédents titres, Gabriel Delanne résolut de se consacrer désormais exclusivement su spiritisme.

 

LES DIVERS ASPECTS DE LA VIE MILITANTE

Au côté du magnétiseur, Hector Durville, qui venait de créer à Paris une université des Hautes Etudes, on dirait aujourd’hui « parapsychologique », Gabriel Delanne accepta la charge de la faculté des sciences spirites. Il y enseignait chaque semaine, le mardi, pour le plus grand profit de ceux qui le suivirent.
En juin 1898, eut lieu à Londres un important congrès international : Gabriel Delanne représentant à la fois la France et l’Italie spirites. Son rapport sur les vies successives eut le plus grand retentissement. Cette même année, marquait le cinquantenaire du spiritisme ; des conférences furent données à cette occasion à Paris par lui et par Léon Denis.

Janvier 1899, vit naître la Société Française d’Etudes des Phénomènes Psychiques à Paris avec le Docteur Moutin comme Président et Gabriel Delanne comme Vice-Président. Il en assura bientôt la présidence. Jusqu’à sa fin, il fût l’âme de cette très active société.

Monsieur Lemoine, savant et éminent mathématicien, lui succéda. Il demeura lui aussi, hautement animé de l’intérêt supérieur du Spiritisme. C’est la société française d’études des phénomènes psychiques qui prépara les voies à l’Union Spirite Française, deuxième du nom fondée par Jean Meyer avec le concours de Léon Denis et de Gabriel Delanne en 1919 ; elle devait devenir la fédération des spirites de France et de l’Union française.

Le quatrième ouvrage de Gabriel Delanne qui contient la démonstration expérimentale de l’immortalité : « L’âme est immortelle », parut en 1899, alors que, par ses conférence à Paris, en province et à l’étranger, il répandait l’enseignement spirite, basé sur les données de l’observation.

En septembre 1900, se tint à Paris le congrès spirite et spiritualiste international. Nommé Secrétaire Général de la section spirite, Gabriel Delanne était Délégué de la Société fraternelle de Lyon, de la Société d’études spirites magnétiques et spirite d’Alexandrie, du Cercle spirite de San Remo et de la Société Allan Kardec de Porto-Alègre au Brésil.
Malheureusement, la maladie le tint éloigné, en grande partie, des travaux du congrès, au point qu’aux regrets unanimes des congressistes, il ne put présenter et développer le rapport sur la réincarnation qu’il avait tenu à soumettre à ces assises mondiales.

En 1904, Gabriel Delanne fit la connaissance du médium musicien Aubert, que je devais rencontrer moi-même, bien plus tard et qui, puissamment doué, interprétait au piano, sous leur inspiration, les œuvres des maîtres disparus.

En 1905, Gabriel Delanne prend une part très active au Congrès spirite de Liège et poursuit ses conférences. Dans les premiers mois de l’année 1905, il adopte une fillette de quelque mois qu’il entoura d’une tendresse paternelle mettant ainsi en pratique ses convictions spirites. C’est encore en l’année 1905 que se situe son séjour à Alger où, en compagnie du Professeur Charles Richet, qui m’en entretint comme lui-même quelquefois, il prit part chez le Général et Madame Noël aux expériences avec le médium Marthe Béraud (Eva Carrère) que j’ai également connue près de Madame Bisson et du Docteur Gustave Geley. Que de controverses ces travaux devaient susciter et suscitent encore !

Il n’est  pas lieu, ici, de rouvrir le débat. J’ajouterai seulement qu’il y eut, avec Mathilde Béraud, des faits à caractère supranormal incontestables et que Gabriel Delanne fut un expérimentateur prudent et avisé. J’en dirai autant du Professeur Richet avec lequel, je le rappelle en passant, j’ai beaucoup travaillé comme assistant, lorsqu’il observa avec les docteurs Geley et Osty, les médiums célèbres ; Jean Guzik, Rudi Schneider et Ludwig Kahn notamment.

 

 

Bien sûr, dans ce domaine de l’observation, Gabriel Delanne rejoignait Léon Denis et Jean Meyer lorsqu’il déplorait la crédulité excessive de certains adeptes du spiritisme. Avec eux, il avait compris que cette crédulité était et est, hélas, un des terribles écueils qui entravaient et qui entravent la diffusion de la doctrine.

 

LE SOUTIENT DU TRAVAIL ET DE LA FOI DEVANT LA SOUFFRANCE

Les années s’ajoutant voyaient s’aggraver l’état de Gabriel Delanne. En 1906, la paralysie de ses membres inférieurs l’oblige à marcher avec deux cannes. Il n’abandonne pas pour cela sa tâche de conférencier en France et même à l’étranger, tâche à laquelle il se voua avec un admirable courage, sans  cesser d’écrire et de se documenter.

C’est ainsi que naquit en 1900 le tome I de son monumental ouvrage : « Les Apparitions matérialisées des Vivants et des Morts ». Le tome II parut en 1911. La guerre de 14-18 survint. « La Revue scientifique et morale du Spiritisme » interrompit sa publication qu’elle reprit, heureusement, une fois la paix revenue. A cette période, la santé de Gabriel Delanne devint plus préoccupante. Chaque mouvement était une  source de souffrances indicibles et il devenait aveugle. Cependant, il demeurait un exemple de résignation surhumaine, affligés que nous étions de cette épreuve sans recours.

En 1918, il fit avec sa famille un voyage dans les environs de Marseille. Ce fut son dernier déplacement hors de Paris. Il ne pouvait plus marcher et il fallut recourir à un fauteuil roulant pour le porter de la voiture au train. Malgré ses souffrances, malgré sa cécité, Gabriel Delanne, dont la mémoire restait intacte et remarquable, continuait de travailler dans la calme demeure de la villa Montmorency à Auteuil, où Jean Meyer, compréhensif et compatissant, lui avait, dès la fin de la guerre, accordé asile ainsi qu’à sa fille adoptive et à sa cousine : Madame Mathilde Peley. Celle-ci devait se désincarner le 12 octobre 1925. Elle le soigna plus de trente ans avec un total dévouement. Après avoir écrit en collaboration avec Monsieur Bourniquel l’ouvrage « Ecoutons les Morts », il seconda Jean Meyer en 1919 dans la fondation de l’Union Spirite Française, préfaça en 1922 le captivant ouvrage, malheureusement épuisé, de Paul Bodier « La Villa du Silence »,  poursuivit ses conférences si pleines d’enseignement, données seulement au siège de la Société Française d’Etudes des Phénomènes Psychiques et, en 1924, fit paraître, sur les instances de Jean Meyer, son dernier ouvrage d’une si grande valeur « Contribution à l’étude de la Réincarnation ».
Il pensait écrire, en collaboration avec Charles Andry-Bourgeois, Ingénieur des Mines et de l’Ecole Supérieure d’Electricité, une étude sur l’idéoplastie. Il n’en eut pas le temps. Sa désincarnation le ravit à sa fille, à ses amis, à ses travaux le 15 février 1926 à 7 heures du matin. C’est à Andry-Bourgeois que, la veille de cette dernière journée de vie terrestre, il confia : « Souvenez-vous, mon cher ami, que Delanne n’a pas peur de la mort ! ». Les obsèques eurent lieu le 18 février 1926.
Son corps fut incinéré sans que pourtant, sa fille adoptive, Mademoiselle Suzanne Delanne, ait reçu, à ce sujet, nous a-t-elle confié à l’époque, d’instructions précises de son père adoptif. Après l’incinération, les cendres furent placées dans une urne qui fut déposée dans le caveau de famille au Père Lachaise, proche, nous l’avons précisé, du dolmen d’ Allan Kardec.

Chaque année, lors de la cérémonie commémorative de fin mars-début avril, les spirites, en honorant le codificateur du spiritisme, vont également se recueillir devant ce caveau, unissant dans la même gratitude le fils et ses parents : Gabriel Delanne, Madame et Monsieur Alexandre Delanne, trois vaillants pionniers du Spiritisme.

 

LE DERNIER HOMMAGE

 

Nos lecteurs se souviennent que Jean Meyer, précédent Directeur de « La Revue Spirite » a fondé, outre  la Maison des Spirites, l’Institut Métapsychique International de Paris. Cette fondation fut reconnue d’utilité publique en 1919 par le gouvernement français. Depuis de nombreux le savent parmi nous. L’ Institut Métapsychique international a vendu l’immeuble de son siège -89 avenue Niel- pour s’installer dans un appartement forcément réduit. Où sont les travaux d’antan ?

Si Gabriel Delanne fut, dès sa création, Président de l’Union Spirite Française, il devait, à la fondation de l’Institut Métapsychique International, Membre de son Comité. Il le demeura également jusqu’à sa fin  terrestre. Dans l’hommage qu’il lui rendit en première page de la revue métapsychique de mars-avril 1926, Charles Andry-Bourgeois écrivit : « Delanne fut l’ingénieur probe au grand cœur qui orienta toute sa vie et son intelligence vers la démonstration scientifique de l’existence de l’âme et de sa survivance après la mort. L’œuvre de Delanne est considérable, non pas tant pour le nombre des volumes publiés que par la valeur des documents et arguments qu’elle contient ». Il ajouta son premier ouvrage « Le Spiritisme devant la Science » fut l’œuvre qui le signala tout d’abord à l’attention de tous ceux qui s’intéressent à la destinée de l’âme humaine, de la psyché antique.
Ce premier ouvrage apportait à la fin du 19ème siècle un faisceau de preuves, de faits capables de donner de la solidité à la croyance en l’existence de l’âme humaine et en son immortalité.
Le but de la vie de ce vaillant pionnier du spiritualisme a été de prouver que le Spiritisme est une science, ayant pour objet la démonstration expérimentale de l’âme et de sa survie au moyen de communications entre le psychisme des vivants et le psychisme des désincarnés.
« Il s’est attaché à montrer, par toute son œuvre, que le Spiritisme, si mal jugé par les ignorants et aussi mal compris par certains de ses adeptes, n’est pas basé que des faits illusoires et des pratiques ridicules, mais au contraire, sur des expériences faites à l’aide de personnes douées de pouvoirs exceptionnels et rigoureusement contrôlés dans leurs productions : Les Médiums ».

 

SUPREME ET FRATERNEL APPEL

Gabriel Delanne, retenu hélas loin de nous par son cruel état de santé, avait transmis un message aux congressistes venus, cette fois, de tous les points du monde. Il le fit en sa qualité non seulement de Président de l’Union Spirite Française et de la Société Française d’Etudes des Phénomènes psychiques, mais de Membre d’honneur de la Fédération Spirite Internationale (aujourd’hui Conseil Spirite International CSI) en outre des titres qui suscitaient le respect et la reconnaissance que lui valaient universellement son œuvre et sa vie militante.

Ecoutons-le : « Tous les hommes de bonne foi, demain, seront forcément amenés à la reconnaissance de l’individualité humaine du principe pensant de l’âme humaine et, par conséquent, de la survivance après la mort. Toutes les vaines arguties se prévalent par contre des témoignages certains émanant directement de ce monde de l’Au-delà où la vie est encore plus réelle que celle d’ici-bas.
Pour toutes nos recherches, ne craignons pas de demander au monde invisible tous les renseignements nécessaires.
N’oublions pas qu’une phalange de grands savants continue dans l’Au-delà à s’intéresser à nos travaux. Ils se joignent à nos esprits de Lumière qui ont pris la direction du grand mouvement de rénovation morale et intellectuelle si nécessaire à l’heure actuelle.
Sollicitons de toutes nos forces qu’ils nous inspirent.

Fraternel appel à la science des hommes et à la science des esprits, disions-nous dans cette même revue, à l’heure de sa libération terrestre. C’était là toute la vie de Gabriel Delanne, toute sa pensée savante et généreuse, synthétisée en quelques mots. »  –Hubert Forestier-

LES ŒUVRES DE GABRIEL DELANNE

 

L’Ame est immortelle :

L’auteur nous présente une illustration, avec sûreté, dans ce livre où les faits s’enchaînent avec une belle ordonnance, depuis l’étude de l’âme par le magnétisme et le dédoublement de l’être humain jusqu’aux  problèmes de la constitution de la matière et de l’action de la volonté sur le corps à distance et sur les fluides ; en passant par les expériences de Crookes, l’histoire de Katie King, les phénomènes de matérialisation, les moulages et les photographies des formes d’esprits désincarnés, pour amener irrésistiblement non pas à une croyance, mais à une certitude : l’âme est immortelle !

 

Le Spiritisme devant la science :

L’auteur examine l’idée directrice de Claude Bernard, étudie les faits qui établissent que la force est indépendante de la matière, puis se livre à une analyse complète du matérialisme positiviste et de ses arguments. Ensuite, abordant le magnétisme et son histoire, puis le sommeil naturel, le sommeil magnétique, l’hypnotisme, Gabriel Delanne apporte, avec les faits de l’expérimentation spirite, des preuves décisives de l’existence du périsprit et de l’immortalité de l’âme. Cet ouvrage fondamental du spiritisme scientifique, très riche en faits, se termine par une série d’importants chapitres sur le périsprit pendant la désincarnation, des médiums écrivains, intuitifs, voyants et auditifs, la médiumnité typologique, les apports, etc.

 

Recherches sur la médiumnité :

Etudes des travaux des savants. Différences fondamentales entre l’écriture automatique des hystériques et l’écriture mécanique des médiums. Preuves absolues : communications au-dessus de la portée intellectuelle du médium , ou en dehors de ses connaissances ; messages révélant des faits inconnus ; écriture en langues étrangères inconnues du médium ; autographes de personnes désincarnées obtenus par des médiums qui ne connaissaient pas les décédés.
Cet ouvrage est une étude scientifique sur l’écriture médiumnique.

 

 

La Réincarnation –(Documents pour servir à son étude)

Le grand vulgarisateur du spiritisme scientifique présente, avec de lumineux commentaires, les faits qui démontrent la réalité de l’évolution de l’esprit à travers les vies successives. Guidé par l’auteur, le lecteur constate tout d’abord que la croyance aux vies successives était fort en honneur chez tous les peuples de l’antiquité, puis s’initie aux théories de l’évolution depuis Lamarck et Darwin, étudie l’âme animale, la mémoire intégrale, les enfants prodiges et les souvenirs de vies antérieures.

 


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A l’antenne, la TVCEI, la première webtv spirite du monde.
La programmation est maintenue 24h par jour non stop.
 
Spirites du monde entier, vous pouvez maintenant assister à une programmationessentiellement doctrinaire et interactive sur la première webtv spirite de la planète. Depuis le 1er août 2006, la tvcei est à l’antenne. La chaîne est encore dans sa phase de test, mais elle est déjà pionnière : c’est le nouveau média de divulgation du spiritisme. Voici l’adresse : www.tvcei.com .
La webtv est une télévision interactive par l’internet. Le principal avantage, c’est le confort: le téléspectateur peut assister à la programmation chez lui, au travail à des horaires variés. Il est seulement nécessaire d’avoir un accès internet. En plus de pouvoir accéder aux émissions enregistrées en direct ou en archives, la webtv donne au téléspectateur la possibilité de choisir entre regarder la télé (voir sur le site comment faire), mettre sur grand écran avec une excellente qualité d’image ce qui permet la projection des émissions dans les centres spirites ou lors d’évènements.
La tvcei est une initiative du Conseil Spirite International (CEI), institution qui résulte de l’union au niveau mondial des
associations représentatives des mouvements spirites nationaux de plus de 30 pays. Actuellement, le siège du CEI se trouve à Basilia, Brésil et son secrétaire général est le président de fa Fédératiof^lirite Brésilienne (FEB), Nestor Masotti. ^
La programmation quotidienne de la tvcei est disponible sur le portail www.tvcei.com et est composée des conférences et des émissions spirites faites par des institutions et des personnes de tout le Brésil. L’accès au portail ouvre une fenêtre qui met à disposition les deux canaux de transmission :
-   canal 1, antenne 24h/24, matériel d’archives.
Chaînes avec des émissions spirites, conférences, films, vidéo-cours, des contenus exclusifs et historiques, notamment dans les langues suivantes : portugais, espagnol, français, anglais, italien etc.
-   canal 2, en direct.
Dédié à la transmission des évènements et des conférences en direct, que ce soit au Brésil ou dans d’autres pays, avec la possibilité d’utiliser une salle interactive (chat) pour poser des questions ou envoyer des messages aux conférenciers qui peuvent répondre en temps réel.
En plus des canaux, la tvcei compte un agenda d’évènements : congrès, séminaires et des ateliers qui seront ensuite retransmis des divers états du Brésil. La chaîne offre aussi la possibilité de regarder en plein écran et de télécharger des vidéos.
La programmation de la tvcei est entièrement gratuite et s’adresse à toutes les personnes intéressées de connaître la doctrine spirite. Le Conseil Spirite International demande à tous les compagnons spirites de divulguer la tvcei.com ou d’écrire à l’adresse mail : tvcei@tvcei.com.
Unissons-nous à la tvcei.com, une nouvelle ère dans la divulgation du Spiritisme !